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16/08/2008

Elle, moins bien lotie que Lui

Les femmes restent moins bien protégées contre les vicissitudes du marché du travail. Elles occupent plus de 82 % des postes à temps partiel.

Pas l’once d’une atténuation en 2007 : sur le marché du travail, les femmes restent de loin la catégorie la plus discriminée. On savait déjà que, pour trouver un emploi en France, mieux valait se prénommer Jean que Jeanne. L’INSEE nous le confirme dans son étude, au regard de l’année dernière.

Dernières embauchées, premières licenciées. « À tous les âges, il y a proportionnellement plus de chômeuses que de chômeurs, mais c’est entre vingt-cinq et quarante-neuf ans que les écarts sont les plus marqués (8,1 % contre 6,6 %) », affirment les auteurs de l’enquête, François Chevalier, Isabelle Macario-Rat et Anne Mansuy. Au total, sur les 2 215 000 personnes qui se déclarent au chômage, 1 121 000 sont de sexe féminin. Mais des disparités plus évidentes apparaissent en fonction de la catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, 16 % des ouvrières n’ont pas d’emploi contre 9,5 % des ouvriers, alors que, dans les professions intermédiaires, les différences sont beaucoup moins importantes. Le niveau de diplôme n’y est malheureusement pas anodin : 22,7 % des chômeuses ont arrêté leur parcours scolaire après un brevet des collèges ou un CAP.

Or pour celles qui arrivent à surmonter ce premier obstacle du mauvais sort des statistiques qu’est l’ANPE, les embûches sont encore nombreuses sur la route qui mène à un emploi stable et sécurisé, égal à leurs compères masculins. Tout d’abord car hommes et femmes n’occupent pas les mêmes postes. « Près de la moitié des femmes sont employées, contre seulement 13 % des hommes ; (…) au sein des professions intermédiaires, les femmes sont plutôt infirmières, institutrices ou cadres B de l’administration, tandis que les hommes sont plutôt contremaîtres, agents de maîtrise ou techniciens », révèle l’étude de l’INSEE. Quant à la catégorie des cadres, les femmes restent encore sous-représentées : 13 % d’entre elles ont un poste à responsabilité, contre 18 % chez les hommes. Même dans les secteurs d’activité dits très « féminisés » que sont l’éducation, la santé et l’action sociale, les femmes se maintiennent à des postes de qualification intermédiaire.

Enfin, reste la plus emblématique des inégalités entre sexes dans le monde du travail : le temps partiel (très répandu parmi les employés). Plus de 82 % des emplois à la durée hebdomadaire incomplète restent occupés par des femmes. Pourtant seulement 29 % d’entre elles souhaitent travailler plus (36 % pour les hommes), selon l’INSEE. Même parmi les travailleuses de vingt-cinq à quarante-neuf ans, la proportion de femmes qui se déclarent en sous-emploi ne dépasserait pas 30,7 %. Des pourcentages qui pourraient trouver une explication dans la modification du questionnaire de l’INSEE, dénoncée en juin par le collectif Autres Chiffres du chômage. « Les enquêteurs ne demandent plus au salarié s’il souhaite travailler plus, mais s’il aurait souhaité travailler plus la semaine dernière. » Comme les salariés ont organisé leur vie personnelle, en particulier la garde des enfants, en fonction du temps partiel, cette nouvelle formulation de la question induirait beaucoup plus de réponses négatives.

Christelle Chabaud
Source L'Humanité

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