Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/10/2008

Salaires hommes-femmes - Pas à pas vers l'égalité

salaire.jpgLes écarts de rémunération chez les moins de 35 ans ne sont plus que de 9 %. Un espoir ? Pas si sûr.
Sarkozy en avait fait un des thèmes de sa campagne. « Je veux un Etat exemplaire en matière d'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes », avait-il martelé. Et pourtant, malgré le volontarisme du président, malgré les multiples lois de 1972, 1983, 2001 et 2006 qui encadrent la parité depuis plus de vingt ans et les promesses faites la main sur le coeur, on est encore loin du compte. Il faut dire que les entreprises font de la résistance. Signer la Charte de 2004 sur la diversité ? Oui ! Plus de 1 500 sociétés ont paraphé le texte. Mais, dans les faits, une étude de l'Apec publiée en octobre 2008 révèle que les disparités entre les rémunérations hommes-femmes restent fortes : 22 % d'écart en moyenne.

Ces dernières sont considérablement moins nombreuses à accéder à des postes à responsabilités et d'encadrement, voire très rares à occuper un siège de direction. Même dans les fonctions féminisées comme la gestion et le marketing, les femmes touchent 20 % de moins que leurs collègues masculins. Et, à caractéristiques strictement identiques (profil, poste et entreprise), une différence de salaire de 7 % subsiste.

Mais le vent tourne. Et les jeunes générations fraîchement diplômées-ou en passe de l'être-refusent en bloc ce que leurs aînés acceptaient comme une fatalité. En mars 2007, l'association Grandes écoles au féminin (GEF), créée en 2002, jetait un pavé dans la mare en publiant la première étude comparative des parcours professionnels de plus de 7 200 anciens étudiants issus de 9 écoles de prestige (Centrale Paris, Ena, ENPC, ESCP-EAP, Essec, HEC, Insead, Mines et Polytechnique), mettant en lumière le fossé entre les rémunérations.

Un club pour Elles

Bien décidées elles aussi à relever le gant, trois étudiantes d'Audencia, l'école de marketing de Nantes, viennent de fonder un club, Audencia pour Elles. « Notre but, c'est d'agir dès l'école en réunissant et en sensibilisant étudiants, diplômés et entreprises , assure Sandrine Jouin, l'une des fondatrices. Seul un matraquage régulier autour de ces questions, assorti de conférences et d'ateliers avec des cabinets de recrutement et des représentants RH permettra de changer les mentalités. »

Et autant battre le fer tant qu'il est encore chaud... Depuis peu, on note un recul des disparités à l'embauche, en raison de la féminisation progressive de la population cadre. 9 % d'écart salarial chez les moins de 35 ans, contre 38 % chez les plus de 55 ans. Les menaces de sanctions prévues dans la loi de 2006-dont le délai légal pour l'équilibre des salaires est fixé à 2010-auraient-elles porté leurs fruits ? Pas sûr... Au-delà des sommations gouvernementales, le machisme des entreprises pourrait finalement s'effacer derrière un bon vieux pragmatisme et une logique de business. Avec le papy boom, les entreprises à la recherche de sang neuf devront-malgré elles ?-jouer le jeu de l'égalité

Camille Lamotte
Source : Le Point
______________

Koné : Une expérience pilote chez l'ascensoriste

« Q uand on a un fort besoin de techniciens, pourquoi ne pas recruter sur l'ensemble de la population ? » interroge, faussement naïve, Béatrice Bretegnier, DRH chez l'ascensoriste Koné. « Notre coeur de métier, poursuit-elle, ne demande pas de force physique particulière et peut donc parfaitement convenir aux femmes. Sauf à celles qui tiennent à leur manucure, bien sûr ! » L'entreprise vient d'opérer une révolution de velours en recrutant des candidates. « On a mis en place un forum emploi pour dénicher des femmes au chômage ou au RMI, et leur présenter le métier d'ascensoriste en axant sur la motivation. » Seul critère excluant : le vertige ! Après une première sélection, quatre élues ont intégré une formation technique en alternance au Greta, avec 200 heures de maths, d'électronique, d'électromécanique, de construction... « Une fois leur diplôme en poche, nous les CDIseront, assure Béatrice. A salaire égal avec les hommes, cela va sans dire. Quatre femmes, cela peut paraître dérisoire, mais, si cela passe bien, nous élargirons encore les embauches féminines. D'ailleurs, les techniciens n'y sont pas hostiles. Le sérieux de notre engagement sur la sélection et la formation les a beaucoup rassurés. Simplement, culturellement, ils n'imaginaient pas des femmes en bleu de travail... » C. L.

Les commentaires sont fermés.