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27/11/2008

Simone Veil à l'Académie française

1334971771.jpgSimone Veil a été élue, jeudi 20 novembre, à l'Académie française, au premier tour de scrutin, a annoncé l'institution. L'ancienne ministre, 81 ans, s'installera dans le fauteuil de l'ancien premier ministre Pierre Messmer, mort le 29 août 2007, avec 22 voix sur 29 votants, cinq bulletins blancs et deux marqués d'une croix signifiant le refus de tous les candidats. L'Académie avait également enregistré les candidatures de trois auteurs – dont les noms n'ont pas été révélés –, qui n'ont obtenu aucune voix.
Née le 13 juillet 1927 à Nice, Simone Veil a été déportée à Auschwitz en 1944 avec sa famille. Entrée en politique en 1974 comme ministre de la santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, elle a fait voter un an plus tard la loi qui porte son nom légalisant l'interruption volontaire de grossesse. Son élection à l'Académie française a scandalisé l'association anti-avortement Laissez-les vivre, dont plusieurs dizaines de membres ont manifesté dans l'après-midi à quelques centaines de mètres du quai Conti.

"POUR LA MÉMOIRE DE LA SHOAH"


Simone Veil s'est engagée au fil de sa vie dans les combats emblématiques de son époque, de la condition des femmes à l'Europe. Plusieurs fois ministre de 1974 à 1993, elle a présidé le Parlement européen de 1979 à 1982 et siégé au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. Simone Veil est aujourd'hui présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Un destin politique, marqué par son athéisme et son féminisme, qu'elle raconte dans son autobiographie Une vie (Stock, 2007).

Attachée aux valeurs morales et républicaines, cette féministe inflexible a été une figure majeure de la vie politique française et européenne, et l'une des personnalités les plus populaires auprès des Français. Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage "au nom de la République, à la 'femme d'Etat' toujours au service de la France et à son perpétuel courage dans ses combats pour la liberté des femmes, pour l'Europe ou pour la mémoire de la Shoah".

L'élection de Simone Veil porte à cinq le nombre de femmes élues à l'Académie, où siégeaient déjà l'helléniste Jacqueline de Romilly, élue en 1988, l'historienne Hélène Carrère d'Encausse (1990) et les écrivaines Florence Delay (2000) et Assia Djebar (2005). Elle rejoint également celui qui fut à l'origine de sa carrière politique, l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, élu en 2003. L'Académie française, qui avait enregistré un nombre inhabituel de décès, a peu à peu reconstitué ses rangs depuis janvier. Après le scrutin de jeudi, un seul fauteuil reste en effet à pourvoir à l'Académie, qui compte normalement quarante membres : celui de l'écrivain Alain Robbe-Grillet, disparu le 18 février.

Source Le Monde

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