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03/11/2012

L'image témoin : l'après-coup du réel / 4. Séminaire au Musée du Jeu de Paume, 30/11/12, 18h30

jeu_de_paume_logo_200_200.jpg"Vous ne vous ferez point d’images : les archives arméniennes et la question de la fiction"

4° séance du séminaire avec Marie‐Aude Baronian, chercheuse à l’Université d’Amsterdam et Emmanuel Alloa, philosophe.

    • Vendredi 30 novembre à 18h30, à l'auditorium du Jeu de Paume.
    • Jeu de Paume 1 place de la Concorde Paris 8°

 


De même que le témoin porte la mémoire d’une expérience du passé, la photographie garde la trace indélébile d’un événement. Face à la violence extrême qui marque le XXe siècle, que signifie penser les images qui rendent compte d’actes de barbarie, non pas comme documents objectifs, mais comme autant de témoignages possibles du passé ? Les interventions de spécialistes internationaux abordent la question de la limite du représentable face aux génocides.

Dans La Chambre Claire, Roland Barthes affirmait que le "noème" de la photographie, c’est son "ça a été", autrement dit le fait que la plaque photosensible garde la trace indélébile d’un évènement. De façon analogue, on pourrait dire que le "noème" du témoin, c’est son "avoir été là", autrement dit le fait que le témoin fut présent au moment fatidique. Et pourtant, le témoin ne deviendra réellement témoin qu’a rebours, une fois qu’il se porte témoin d’une expérience irrémédiablement passée et qu’il redonne voix a ce qui n’est plus par l’après‐coup de son témoignage. Face à la violence extrême qui marque le XXe siècle, qu’est‐ce que cela signifie que de penser les images qui, tant de fois, enregistrèrent les actes de barbarie, non pas tant comme des documentations de faits objectifs, mais comme des réarticulations testimoniales qui ne se limitent pas a répéter le passé mais qui le produisent tout autant, de façon performative ?

Loin d’être soumise à la seule logique de la présence convoquée par le ça a été, l’image photographique obéit à plusieurs logiques temporelles et de discours. Initialement au service de la propagande totalitaire et de ses pulsions scopiques, il n’est pas rare que l’image change radicalement de signe pour passer du stigmate (image répondant aux stéréotypes de la discrimination ou à une logique de violence pornographique exigée par le régime totalitaire) à l’icône, incarnation de la victime, du martyre ou du héros, véritable pars pro toto qui risque à tout moment de la précipiter dans sa fétichisation.

À partir de l'analyse d'images qui illustrent particulièrement bien cette migration du stigmate au fétiche, le séminaire souhaiterait interroger la temporalité propre à l'image. L’hypothèse est qu'elle converge sur plusieurs points avec la temporalité psychique développée par la psychanalyse et notamment avec la notion de Nachträglichkeit (après-coup) qui caractérise le processus de réorganisation et de réinscription des événements traumatiques.
Les diverses conférences vont montrer que, si l’on reconnaît à l’image cette temporalité anachronique, rétroactive et paradoxale, les catégories d’irreprésentable, d’inimaginable et d’indicible cessent d'être efficaces et pertinentes pour une lecture des événements traumatiques de l’histoire.

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