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15/08/2008

Chambre nationale des femmes chefs d’entreprise

Tunis - Chambre nationale des femmes chefs d’entreprise - Table ronde: Multiplier les chances d’un entrepreneuriat encore plus rentable
L’intégration de la femme dans le développement intégral et durable représente un maillon capital sans lequel il serait impossible de parvenir à enregistrer des résultats politiques et socioéconomiques probants.
Depuis l’Indépendance, la Tunisie a misé sur le rôle multidimensionnel que peut assumer la femme tunisienne de par ses devoirs familiaux et sociaux mais aussi en tant que ressource humaine apte à produire et à apporter par sa contribution économique une plus-value de taille. Et voilà que depuis l’avènement du 7-Novembre, l’importance de la femme ne cesse d’être confirmée. Convaincu par ses compétences et son développement perpétuel, l’Etat lui consacre toujours une place de choix dans les décisions lui permettant de mieux se positionner dans une société à base patriarcale et de mieux contribuer à l’essor économique du pays.
C’est à partir de cette conception positive du rôle de la femme dans la société que le système de microfinancement a été introduit, focalisant sensiblement sur l’émancipation et la promotion de l’activité féminine....
Source : African Manager

14/08/2008

Les femmes candidates progressent, mais pas assez

FREETOWN, (IPS) - Les résultats officiels des élections pour les conseils locaux de juillet 2008 ont été annoncés par le président de la Commission électorale nationale du pays.

Malgré les nombreux rapports de harcèlement et d'intimidation, plus de femmes ont été élues aux conseils qu'aux élections d'il y a quatre ans. Mais les résultats sont insuffisants par rapport à la représentation des 30 pour cent réclamée par des activistes de genre.

Sur 394 circonscriptions disputées, les femmes ont été élues sur seulement 78 sièges, soit 18,9 pour cent, ce qui est une amélioration par rapport aux 12,7 pour cent des sièges de conseils locaux gagnés par les femmes en 2004.

Honorine Muyoyeta, directrice de l'Institut démocratique national pour le pays, a déclaré : "Malgré de concrètes étapes dans l'avancement de la paix et le développement démocratique en Sierra Leone, les femmes -- qui constituent 49 pour cent des électeurs enregistrés -- sont sous-représentées et continuent à faire face à d'importants défis pour participer pleinement à la politique".

Mais quel serait l'impact d'une sous-représentation féminine continue dans la collectivité locale dans un pays qui, l'année dernière, est descendu au bas du classement de développement humain de l'ONU? La croissance économique a été en moyenne au-dessus de 7 pour cent pendant les cinq dernières années dans ce pays producteur de 5,7 millions de carats de diamant, mais plus de 70 pour cent de ses citoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté et le pays a un des plus forts taux d'analphabétisme et le plus mauvais taux de mortalité maternelle et infantile au monde.

Princess Pratt était conseillère pour le Conseil de la circonscription 66 du district de Kono qui était encore dans la course aux élections du conseil local en 2008 sous la bannière du Parti du peuple de Sierra Léone (SLPP), un parti de l'opposition, mais a échoué. "Les femmes dans la gouvernance locale sont centrales dans notre jeune démocratie et dans les étapes de développement", affirme-t-elle.

Elle a expliqué qu'elle était une des trois femmes au conseil local de Kono et durant son mandat, elle a œuvré pour les besoins des femmes de cette zone qui avait été ignorée par les gouvernements précédents.

"J'ai construit des marchés communautaires pour les femmes. J'ai établi des moulins de riz pour les fermières, ce qui a amélioré leur production de riz et, par conséquent, leurs revenus. J'ai construit huit écoles primaires dans des villages où il n'y avait jamais eu d'école. J'ai offert des bourses pour la scolarisation de 70 filles et j'ai même étendu certains de mes projets à d'autres circonscriptions, où le besoin des femmes est désespéré", a déclaré Pratt à IPS.

"Maintenant, il n'y a qu'une seule femme dans le conseil, je me demande ce qu'elle est capable d'accomplir pour les femmes. Mais je sais que les hommes du conseil ne seront pas capables de répondre aux besoins des femmes, parce qu'ils ne sont pas préoccupés par les problèmes des femmes".

Richard Yarjah, un enseignant d'école à Kono, dont la femme a bénéficié d'un moulin de riz, est inquiet pour le futur maintenant que Pratt a perdu son poste. "Je me demande si les nouveaux conseillers, dominés par les hommes, continueront à supporter le moulin, alors que tout le projet a été fondé sur l'autonomisation des femmes. Ma famille a été pratiquement gérée par les recettes que ma femme obtient de son travail du riz".

Alie Kabbah, un commerçant à Kroo Bay, une des communautés de bidonville de Freetown, la capitale sierra léonaise, a déclaré : "Nous n'avons eu un centre médical pour la première fois dans notre communauté que quand nous avons eu une femme conseillère. Si les grands politiciens menacent les femmes, refusant de leur accorder le symbole de participer aux élections, alors les choses ne se développeront pas dans ce pays".

Il y a eu de nombreux incidents d'intimidation des femmes candidates durant la campagne électorale. Fatmata Daramy a dû sortir de la course au conseil du district de Bombali parce qu'elle avait peur que ses adversaires l'attaquent physiquement. Elle a déclaré que la faible représentation féminine dans les conseils locaux pourrait être catastrophique pour les femmes.

"La région du nord du pays où j'ai voulu me présenter comme conseillère a réellement besoin d'une représentation féminine car cette partie du pays a le plus grand taux de femmes analphabètes, tellement que le gouvernement a dû instituer des mesures de discrimination positive en offrants des bourses aux étudiantes. Comment pouvons nous combler le fossé dans l'éducation si nous ne sommes pas là pour pousser ces intérêts?"

Le directeur d'Amnesty International en Sierra Leone, Brima Sheriff, a indiqué que malgré leur support ensemble avec de nombreuses autres organisations non gouvernementales pour la participation des femmes aux élections des conseils locaux, les résultats sont encore décevants.

Il a souligné que "la démocratie est en tout question de nombres et le peu de femmes dans un conseil signifie que les femmes auront beaucoup moins d'impact pour faire aborder leurs problèmes".

Brima a toutefois déclaré qu'à la différence du parlement où la majorité est essentielle, les femmes dans les conseils locaux n'ont pas besoin de l'approbation de tout le conseil pour élaborer des projets et les mettre en œuvre.

"Elles pourraient élever leurs voix même au-delà de leur conseil, ou influencer le président de leur conseil pour rechercher le bien-être des femmes", a-t-il dit.

La reconnaissance de l'impact des femmes sur les institutions politiques est en croissance et des programmes ont incité la Fondation internationale pour des systèmes électoraux à amorcer un projet avec pour objectif de construire la Commission d'inscription des partis politiques et l'incorporation de la question de genre dans le travail de la Commission électorale nationale, tout en faisant accroître la compréhension de l'électorat par rapport à la participation des femmes dans la gouvernance locale.

Selon un officiel au PPRC, l'impact de ce projet sera réalisé en 2012, lors de la prochaine élection des conseils locaux.

Margaret Vandy, une autre femme candidate du SLPP battue aux élections du conseil, a déclaré : "Le pouvoir des femmes est crucial pour le développement de la Sierra Leone en tant que nation. Les femmes représentent plus de 50 pour cent de la population, donc le statut des femmes est vraiment le statut du peuple de Sierra Leone". (FIN/2008)

Mohammed Fofanah
7 août
© Copyright IPS

13/08/2008

Femmes et culture maraîchère : Hier revendeuses, elles sont aujourd’hui productrices

7018fe065ddd2d6590837edf87b0b555.jpgFaute de terre, elles se contentaient d’écouler les productions des hommes sur la place du marché. Mais aujourd’hui, beaucoup de femmes sont passées du statut de simples revendeuses à celui plus noble de productrices.
Vivre de la sueur de son front. Tel est le credo de ces femmes. Elles sont d’un courage et d’une détermination exemplaires. Leur travail, c’est la culture maraîchère. Elles exploitent des lopins de terre dans le bas-fond du secteur n°27 situé dans le prolongement du parc urbain Bangr-wéogo. C’est un spectacle de les voir travailler. Le matin bien avant 6h, ces femmes montrent déjà de l’ardeur au travail, à l’image de Bibata, une brave femme d’une trentaine d’années. Un foulard sur sa tête, l’habit quelque peu usé, le pagne trempé qui descend jusqu’à mi-jambe. Elle a les pieds nus. Avec deux arrosoirs de 15 l chacun, Bibata va puiser l’eau 60m plus loin. En 03mn maximum, elle fait un aller-retour entre son jardin et la tranchée d’eau. Bibata accomplit un travail exceptionnel. Toutes les femmes envient ses plants. Elle en est elle-même très fière. "C’est le fruit d’un travail laborieux", dit-elle.

Ce travail représente toute sa vie. Et elle le dit à qui veut bien l’entendre. Avec ce qu’elle gagne, elle parvient à résoudre elle-même ses problèmes d’argent. Bibata aide aussi son époux à couvrir les dépenses du foyer. Entendez par là la scolarisation de leurs deux premiers enfants qu’elle prend volontiers en charge. "A l’instar des autres femmes, Bibata n’a pas toujours été productrice". L’intervention des femmes dans la production est assez récente. En effet, à l’instar des autres femmes, Bibata n’a pas toujours été productrice. Avant, elle venait sur place acheter les légumes avec les hommes, alors producteurs exclusifs. Elle les revendait ensuite dans les marchés de Dassasgo et de Zogona.

C’est un travail qu’un homme ne s’imagine pas faire. Autant on voyait mal une femme s’ériger en productrice. "La production demande beaucoup d’efforts physiques. Ainsi c’était un travail d’homme. Les femmes se chargeaient de vendre ce que nous produisons au marché," confie Hamado, un des maraîchers. Mais depuis lors les choses ont changé. Au départ revendeuses, aujourd’hui bon nombre de femmes font du maraîchage leur gagne-pain. Elles exploitent des surfaces assez réduites. A peine 200 m2 pour chaque femme. L’accès à la terre par les femmes apparaît alors comme un problème crucial. "Généralement les femmes ne sont pas propriétaires terriens.

Il y a un problème d’accès au foncier qui se pose à leur niveau", selon Dr Millogo/ Sorgho Marie Claire, directrice générale du Renforcement des capacités et d’expertises féminines du ministère de la Promotion de la femme. Mais les femmes qui ont un certain pouvoir d’achat deviennent souvent propriétaires de terre. "Étant au départ revendeuses, les femmes arrivent à faire des économies. Une fois qu’elles ont l’argent, elles peuvent alors acheter ou louer de petites portions de terre. Ce sont généralement des terres marginales. Mais parce qu’elles sont travailleuses, elles parviennent à la valoriser pleinement", explique Mme Millogo. Ce processus d’appropriation des terres par les femmes s’inscrit aussi dans l’évolution des mentalités chez les hommes. Ces derniers acceptent de plus en plus la cohabitation, du moment où tout le monde y trouve son compte. "Ces femmes sont aussi nos femmes en quelque sorte. Ce qu’elles gagnent, c’est le fruit de leurs souffrances. Et nous en tant qu’hommes, ce que nous gagnons est aussi le fruit de nos labeurs", confie Hamado.

Produire et vendre soi-même pour augmenter son gain. Aujourd’hui les femmes sont en amont et en aval du maraîchage dans la zone. Si dans la production elles interviennent désormais à côté des hommes, elles demeurent quasiment seules dans l’écoulement des productions. En effet, ce sont uniquement des femmes qui viennent acheter des légumes avec les hommes pour les revendre sur la place du marché. La plupart des femmes productrices vont vendre leurs productions directement aux consommateurs. Cela leur permet d’augmenter leur gain. Elles réalisent ainsi un bénéfice quotidien variant entre 3000 et 5000 FCFA. Les hommes, eux dépendent fortement des revendeuses. De plus en plus de femmes interviennent dans le circuit. Tout cela se passe en parfaite collaboration avec les hommes. Il n’est pas rare qu’un homme vienne en aide à une femme.

Les hommes sont sans conteste plus expérimentés et mieux outillés. C’est un travail très difficile. Les femmes elles-mêmes le reconnaissent. Les plants demandent beaucoup de soins. A cela s’ajoutent les travaux domestiques qui leur incombent. C’est pourquoi elles doivent chaque jour faire montre de courage et de détermination. Mais pour Bibata, c’est un sacrifice qui vaut vraiment la peine, dans la mesure où elle peut ainsi se libérer de l’emprise de son homme.

Inoussa MAïGA (stagiaire)
Source : Le FasoZine

12/08/2008

En Algérie, le sport féminin n'est plus tabou

AFP-Reuters (ALGER) - Par William Maclean
Les Jeux olympiques de Pékin marquent une modeste avancée pour le sport féminin en Algérie, où les femmes athlètes étaient autrefois vilipendées par les conservateurs religieux du pays.

À son retour en Algérie après sa victoire sur 1.500 mètres aux Jeux de Barcelone en 1992, Hassiba Boulmerka avait reçu crachats et insultes.

Les leaders religieux avaient condamné la jeune femme originaire de Constantine pour avoir "osé exhiber sa nudité devant le monde entier".

Aujourd'hui, une nouvelle génération de femmes athlètes poursuit ses rêves sportifs dans un pays où la situation politique se stabilise peu à peu.

f66d86d372a8407342b66151e8c3b490.jpgCette année à Pékin, les joueuses de l'équipe de volley-ball montrent à quel point les choses pourraient changer.

Les championnes d'Afrique se sont qualifiées lors d'un tournoi pré-olympique en janvier dernier. Il s'agit de la première fois qu'une équipe algérienne féminine de volley-ball participe au plus grand événement sportif au monde.

"C'est un rêve pour n'importe quel athlète", confie la capitaine de l'équipe Marimal Madani, 24 ans, lors d'un entraînement avec ses coéquipières dans un gymnase d'Alger.

"C'est extraordinaire. Nous pouvons rencontrer les meilleures équipes du monde. Et nous montrons la voie pour le sport féminin en Algérie."

MANQUE DE STRUCTURES


Trop préoccupée par ses conflits internes, l'Algérie a vu les moments glorieux de l'histoire de son sport tomber dans l'oubli - comme la médaille d'or de Boulmerka en 1992 ou encore les records du monde sur 1.500 et 3.000 mètres de Noureddine Morceli.

Le sport, et en particulier le sport féminin, reste dans un état fragile mais l'atmosphère qui l'entoure est différente aujourd'hui.

"Les années sombres nous ont un peu barrées la route. Maintenant c'est à nous de montrer ce dont nous sommes capables", explique la joueuse Nassima Benhamouda.

Benhamouda est mariée et a une fille de deux ans. Selon la tradition locale, les femmes mariées devraient rester chez elles pour s'occuper des enfants, et ne pas sauter sur un terrain de volley.

"Cela a surpris tout le monde", a-t-elle raconté. "Ici quand une femme se marie, le sport, c'est fini. Elle se dévoue à sa famille. Moi, ce sont mes beaux-parents qui m'ont encouragée."

"En fait tout le monde ici est solidaire - c'est une équipe de femmes, nous sommes une famille."

Benhamouda, qui a vécu en France dans les années en 1990, pense toutefois que l'opposition islamiste envers les athlètes féminines a été exagérée par les médias étrangers.

"Nous vivons comme les autres, nous faisons du sport, nous nous entraînons, c'est vrai nous devons faire plus d'efforts car la mentalité ici n'est pas la même. Et c'est vrai qu'en France il y a plus de libertés. Mais même en Algérie, nous pouvons nous exprimer. Les femmes algériennes ont leur mot à dire."

À Pékin, les femmes porteront la tenue normale prévue pour le volley-ball, un short et un tee-shirt.

Boulmerka elle-même est convaincue que les comportements sont en train de changer.

"La tradition n'est pas vraiment un problème. Les mentalités ont beaucoup évolué. Les femmes peuvent choisir le sport qu'elles veulent. Les parents veulent que leurs enfants fassent du sport et deviennent des champions comme Boulmerka et Morceli", dit l'ancienne championne.

Elle estime aujourd'hui que le problème principal est le manque d'installations pour le sport.

Selon elle, le gouvernement est trop lent à construire les infrastructures malgré les ressources financières issues du pétrole.

"Le sport féminin en général reste très limité", dit-elle. "Nous avons encore besoin d'une vraie politique sportive. Il y a beaucoup de travail."

Version française Diane Falconer